DOSSIER

22 novembre 2010

Mort de Julien Guiomar, le gentil méchant de mon enfance


Artistes : Julien Guiomar est mort dans la nuit de dimanche à lundi, à l'âge de 82 ans. Comme un symbole pour celui que j'avais souvent vu dans les films du dimanche soir, à la télé. Physique massif, protubérance nasale, voix de stentor qui savait devenir flûte... Guiomar était un de ces seconds rôles qui ont fait la saveur du cinéma français.

Vous lirez ici et là que ce Breton d'origine a joué au TNP sous la direction de Jean Vilar et qu'il a tourné avec de grands metteurs en scène : Costa-Gavras (Z), Luis Bunuel (La Voie Lactée), Nelly Kaplan (La Fiancée du Pirate), André Téchiné (Souvenirs d'En France) ou Claude Sautet (Mado). Moi, je l'ai découvert quand j'étais enfant dans L'Aile ou La Cuisse de Claude Zidi. Il y incarnait Jacques Tricatel, un type grossier et de mauvais goût - à tous les sens du terme - puisqu'il vendait de la bouffe industrielle à base de pâte molle reconstituée en poulet ou en poisson.





Toujours dans le rôle du salaud (mais un peu moins salaud), barbu et à tête de veau, on retrouve Guiomar, toujours face à Louis de Funès dans La Zizanie, toujours de Claude Zidi. Le réalisateur l'a fait tourner dans sept films, dont Les Ripoux, où il excelle en commissaire bonhomme, qui devient enrhumé avant de finir cocaïnomane. Commissaire encore dans Inspecteur La Bavure. "Bienvenue dans la police !", balance-t-il tout sourire après le tabassage par erreur du nouveau (Coluche).

Guiomar m'a aussi marqué dans L'Incorrigible de Philippe de Broca. Il y incarne un philosophe misanthrope aux sentences graves (ciselées par Audiard !) et à l'humeur sombre. "Antinéaaaaaa !", aime-t-il crier en vain dans sa roulotte, avant de tenter de ramener à la raison un Belmondo fantasque

De Broca, Zidi mais aussi Lautner ou Risi... Guiomar a marqué de son empreinte quelques grandes comédies. Il était "fait pour les alexandrins et la pourpre" (L'Incorrigible). Il était l'un de mes compagnons de séances VHS. J'éprouve un petit coup de blues ce soir...


Je suis reconnaissant à @BorisBastide d'avoir entendu mon appel sur Twitter et d'avoir préparer une brève dans le 20 Minutes de mardi.

Anderton

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