mercredi 22 janvier 2014

Lena Dunham : pétillante masterclass à Paris


Artistes : Dernièrement en couverture du prestigieux Vogue américain, Lena Dunham, créatrice/actrice de la série Girls était de passage à Paris la semaine dernière chez OCS, qui diffuse la série en France. Au programme de cet événement : projection des deux premiers épisodes de la saison 3 et une masterclass en compagnie de Lena Dunham menée par Charlotte Blum (attention spoilers à venir !).

Suivre toutes les séries que l’on souhaite voir demande une vraie organisation. Mais Girls, produite par Judd Apatow, fait partie de ces séries dont je ne manque aucun épisode. L’originalité : sa créatrice et actrice principale est tout aussi, voire plus célèbre que la série. A 27 ans, Lena Dunham a réalisé un long-métrage (Tiny Furniture), a écrit une série, est ultra connectée, soutient Barack Obama dans sa dernière campagne,  fait partie de la liste des 100 personnalités les plus influentes de la planète en 2013 selon le Time… Bref, depuis Girls, Lena Dunham est devenue la fille à suivre.

Un début de saison prometteur

Dans le début de cette saison 3, on sent qu'un vent nouveau souffle sur ce qu’on peut maintenant appeler la bande. Adam et Hannah sont plus soudés que jamais et on peut entrevoir la naissance d'un vrai couple et la fin des problèmes pour Hannah. Les dialogues sont toujours percutants, l'humour et la sensibilité sont bien là. La saison 3 de Girls semble être la saison où le groupe est installé et prêt à évoluer.

Après ces deux premiers épisodes plutôt prometteurs, Lena Dunham fait son apparition avec sa coscénariste Jenni Konner. Naturelle, rayonnante dans une robe noire et blanche qui laisse apparaître ses fameux tatouages, on a déjà l’impression de la connaître. Elle porte également des ballerines à paillettes en forme de chats, qu’elle ne manque pas de mentionner avec humour.

Une famille

Très rapidement, lors de la masterclass, Lena Dunham explique que pour elle, l’un des buts principaux de l'écriture est de parler de ses expériences : "J'ai vécu des choses que je trouvais vraiment étranges.  Je trouve très significatif pour moi de dépeindre mes expériences". La série n’est peut-être pas complètement autobiographique mais chacun y met du sien : les acteurs ont "étoffé leurs personnages avec leurs expériences personnelles". Chacun compose avec une partie de sa vie et toute l’équipe devient créative et se rapproche : "depuis trois ans que nous sommes sur cette série, nous formons une famille".

Entre le drame et la comédie

La complicité et l’impression de bande se ressent de plus en plus depuis le début de la série. Si les quatre filles forment le noyau, les personnages masculins ont clairement su s’imposer. Une thèse que confirme Lena Dunham, pour qui "les garçons sont l’une des surprises majeures. Au début, on ne savait pas à quel point ils allaient faire partie de la série". Elle souligne tout de même que les filles sont des meilleures amies mais que par exemple, les personnages d’Adam et Ray sont très individualistes. A la vue des deux premiers épisodes, on peut s’imaginer qu’Adam aura un rôle majeur dans la vie d’Hannah mais aussi dans le groupe d’amies.

Si à la fin de la fin saison 2, on peut voir Adam secourir Hannah, dans la saison 3 on le retrouve aux petits soins pour elle. Lena Dunham confirme que la série table sur deux registres : le drame et la comédie. Girls "traite de la guérison, de la récupération". La réalisatrice ne choisit pas le genre : "il ne faut pas forcer les émotions" et utilise cette phrase comme règle pour donner le ton de la série.

Incarnation de sa génération

"I think I may be the voice of my generation. Or at least, a voice of a generation." / "Je pense que je peux être la voix de ma génération. Ou du moins, une voix d’une génération." Saison 1, Hannah essaie de convaincre ses parents de son ambition. Deux saisons plus tard, la phrase reste en tête et résume finalement bien Lena Dunham. La jeune femme dégage une sympathie naturelle. Et on ne peut pas le nier,  à 27 ans, elle dresse avec Girls un portrait plutôt réaliste de sa génération. Elle raconte d’ailleurs, qu’un jour, une jeune femme est venue la voir pour lui dire : "grâce à la série, je ne rentre plus le ventre quand je fais l’amour".

Son implication dans les personnages y est surement pour quelque chose car elle explique se reconnaître dans une partie de chacun. Elle admet avoir un peu de Marnie ou encore se retrouver dans l'obsession de Shosh avec la culture ou sa manière d'essayer de savoir où est sa place. Elle avoue qu'"on espère tous qu'il y ait une part de nous dans Jessa", tout en espérant que "dans la vie, [elle soit] plus mûre qu'[elle l'est] dans la série".

Tout comme Hannah qui écrit son premier livre, Lena Dunham prépare son premier ouvrage qui devrait sortir "cette année, en automne". Elle se dit également impatiente de réaliser un long-métrage : "la série m'apporte tout ce qu'il me faut mais ça me manque de réaliser des long-métrages". Lena Dunham est sur tous les fronts et on ne sait pas trop si elle se rend compte de sa popularité. Elle parle de la Une de Vogue comme "une consécration" mais avoue : "je n'ai pas encore compris ce que tout cela représente dans ma vie". Elle interagit avec son public avec un naturel désarmant, ramasse la boucle d'oreille de Charlotte Blum tout en la complimentant. C’est sûr, Lena Dunham est l’incarnation même du cool.

La saison 3 de Girls est actuellement diffusée aux États-Unis sur HBO et tous les lundis sur OCS City Génération.

Lois Lane

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