Dossier

samedi 24 décembre 2016

Mes années Starfix

Buzz : Grand et beau livre que Le Cinéma de Starfix, souvenirs du futur, publié chez Hors Collection. L'ouvrage fait revivre une revue culte qui a accompagné, voire formé la cinéphilie de nombreux amoureux du 7e art. J'en faisais partie.




Adolescent au début des années 80, je ne retrouve pas dans Première le cinéma qui me fait vibrer. Celui de Spielberg, Lucas, Carpenter, DePalma, Dante, Landis ou Miller. Celui des films de genre qu'on loue par demi-douzaine chaque week-end au videoclub. Productions hollywoodiennes, films de kung fu, séries B et même nanars que l'on "copie" à l'aide de deux magnétoscopes pour se les échanger avec les copains. Certes, il y a L'Ecran Fantastique ou Métal Hurlant mais ils ne couvrent pas tout le "spectre" du cinéma de genre. Et puis, un jour de janvier 1983, une affiche dans ma librairie de quartier attire mon attention : elle annonce l'arrivée d'un nouveau mensuel baptisé Starfix. En couverture... The Dark Crystal. Je ne sais plus ce que j'ai fait de ce premier numéro. Mais j'ai précieusement conservé le 2e, avec Rambo en couverture, puis le 3e, avec L'inspecteur Harry, ainsi que quelques autres. 


Non seulement, je suis l'actualité de mes cinéastes préférés mais l'équipe de Christophe Gans, Nicolas Boukhrief, Doug Headline & co. me fait découvrir des p'tits jeunes prometteurs, tels Luc Besson ou John McTiernan, et me fournit l'occasion de mieux connaître Dario Argento ou William Friedkin. Je me précipite sur les actus pour connaître ce qui se prépare de beau outre-Atlantique (à l'époque, internet ne voulait rien dire, même pour ceux qui avaient vu Wargames de John Badham). Je dévore les interviews, les critiques de films, les analyses de séquences plan par plan... J'adore le style "moderne" de la revue : les textes sont fouillés mais accessibles, écrits avec passion. Je me rappelle d'une interview d'Harrison Ford qui, à la première question pourtant anodine, balance sur un ton méchant au journaliste éberlué : "Vous êtes français ? Je vois ce que vous voulez faire. Arrêtez ça tout de suite !"... Ou celle de John McTiernan qui apostrophe le journaliste : "Attendez, c'est vous qui aviez comparé mon cinéma aux films nazis ?"... Et cette critique assassine de Série noire pour une nuit blanche (Into the Night, 1985) de John Landis, qui vaudra aux rédacteurs de Starfix d'être tricards auprès du distributeur. Et ils ne se priveront pas de le dire aux lecteurs. 


Car il y a une communauté Starfix (lire l'excellent article d'Aurélien Ferenczi dans Slate). Les abonnés font partie de la Starforce. Nous recevons une newsletter dans laquelle nous pouvons publier nos contributions. Un pote et moi aurons l'immense fierté d'y voir figurer notre petit texte. J'avais donc gardé dans un carton une vingtaine de numéros. J'ai dû en jeter la moitié il y a quatre ans... C'est donc avec joie que j'ai découvert la sortie du livre Le cinéma de Starfix. J'y ai retrouvé certains articles (et même certaines pubs) qui m'avaient marqué. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ces textes tiennent encore la route. Richement illustré - dans le respect des maquettes (désormais vintage) de l'époque - et complété par des textes et témoignages exclusifs, cet ouvrage fait revivre des années passionnées et passionnantes. Un bel hommage au cinéma, à ceux qui le font, à ceux qui en parlent et à ceux qui les suivent.

Le Cinéma de Starfix, souvenirs du futur, éditions Hors Collection.

Anderton


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