samedi 28 janvier 2017

Mort de John Hurt : 15 rôles marquants - VIDEOS

Artistes : Sir John Hurt est décédé. Cancer du pancréas. Il avait 77 ans. On avait finit par s'habituer à sa silhouette frêle, son beau visage marqué par le passage du temps et sa voix enrayée. Il nous semblait immortel. Difficile de résumer l'immense carrière d'un immense comédien. D'autant que John Hurt a touché à tout : théâtre, télévision, cinéma et même jeux vidéo. Drames, comédies, films indépendants, dessins animés et productions hollywoodiennes. Beaucoup de rôles d'outcasts, de déviants, de personnages inquiétants, avec des failles mais dont il réussit toujours à faire ressortir l'humanité. Voici donc mon hommage tout personnel en 15 rôles marquants.



L'Étrangleur de la place Rillington (10 Rillington Place, 1971) 
Une pendaison. Aucune ligne de dialogue dans cette scène mais toute l'intensité de l'acteur apparaît sur son visage et même sous le sac qui lui recouvre le visage. Que vous ayez vu ou non le film de Richard Fleischer, vous serez bouleversé par l'interprétation de Hurt.


Le Joueur de Flûte (The Pied Piper, 1972)
John Hurt a joué sous la direction de Jacques Demy. Un rôle oublié pour un film qui l'est tout autant. Retour sur une production maudite.


L'Homme que je suis (The Naked Civil Servant, 1975)
Dans ce téléfilm, John Hurt interprète Quentin Crisp, un homosexuel flamboyant des années 1930. Casse-gueule mais l'acteur ne tombe pas dans la caricature. Et remporte un Bafta à la clé. Il reprendra ce rôle dans le film An Englishman in New York, en 2009.


Claudius Moi, Claude Empereur (I Claudius, 1976)
Dans cette géniale série de la BBC, Hurt interprète Caligula. Déjà cette voix si particulière qui détonne chez le jeune acteur. Hurt impose sa présence, menaçante car, comme dans tous ses rôles futurs, il semble capable de tout. Et ce rôle d'empereur fou lui permet d'aller loin, très loin. Pas pour le plaisir de la performance mais parce que le personnage l'exige. 


Le Cri du sorcier (The Shout, 1978)
Dans sa chronique, Travis Bickle dixit : dans cette "fable fantastique, unique en son genre, à la fois perturbante et dérangeante", signée Jerzy Skolimovski, John Hurt "dégage une fièvre particulière, celle de la victime humiliée".


Midnight Express (1978)
Junkie dans une geôle turque. Encore un rôle d'outcast, de paria. Oscar du meilleur second rôle.


Alien, le huitième passager (Alien, 1979) de Ridley Scott
Scène iconique du film : celle où l'Alien perfore le ventre du lieutenant Kane. Un rôle que John Hurt reprendra pour La Folle Histoire de l'espace (Spaceballs, 1987) de Mel Brooks.


Elephant Man (1980)
Malgré une prothèse, John Hurt parvient à transmettre toute l'humanité et le désespoir de John Merrick. Une fois de plus, dans un rôle de "freak", Hurt n'inspire pas le dégoût : il suscite l'empathie. Bouleversant.


Osterman Week-end (1983)
Pas forcément l'interprétation la plus marquante de John Hurt (encore que dans la scène d'ouverture du film, il est formidable) mais son interprétation est top, comme toujours. Et puis, je voulais inclure le dernier film du grand Sam Peckinpah dans cette anthologie.


1984 (1984)
A nouveau un rôle de rebelle, écrasé par le système. Et comme toujours, Hurt parvient à faire ressortir l'humanité de son personnage dans un film qui, sur le même thème, vise moins juste que le Brazil de Terry Gilliams, sorti la même année.


Deadman (1995)
Pour le plaisir de revoir ce face à face avec Johnny Depp. 


Harry Potter à l'école des sorciers (Harry Potter and the Philosopher's Stone, 2001)
Petit rôle mais décisif puisque Hurt interprète M. Olivander, celui qui trouve la parfaite baguette magique pour le sorcier balafré. 


Hellboy (2004)
Après avoir interprété autant de "monstres" au cinéma, il était normal que Hurt incarne le père de l'un des plus iconiques d'entre eux.


La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy, 2012)
Control est à la tête du Circus, l'agence d'espionnage britannique. Interprétation hypnotisante de John Hurt.


Snowpiercer (2013)
Dans le rôle de Gilliam, Hurt interprète un maître des bas-fonds au sein du train qui file à travers les étendues glacées. A nouveau un marginal, un rebelle. Enfin...


Que d'oublis dans cette rétrospective. Mais chaque apparition de John Hurt à l'écran suffit à rendre un film intéressant, même lorsqu'il est raté. La marque d'un grand acteur.

Anderton


Enregistrer un commentaire