Dossier

jeudi 2 février 2017

La Couleur de la victoire : voir Berlin et courir

En DVD et Blu-ray : La légende de Jesse Owens s'est écrite aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. En remportant quatre médailles d'or, l'athlète américain a prouvé au monde l'absurde horreur de l'idéologie nazie. La Couleur de la victoire (Race, qui en anglais désigne autant la course que la race), disponible en vidéo, revient sur cet événement resté gravé dans les mémoires.



Le film s'articule autour de trois temps forts : la préparation d'Owens, les J.O. et son retour aux Etats-Unis. La première partie du film montre comment l'athlète est devenu un champion hors pair sous l'aile de Larry Snyder, l'entraîneur de l'Université d'Ohio. Un coach blanc, ancien coureur lui-même, qui a su hisser son talentueux "élève" au niveau supérieur. Sportivement et mentalement. Et ce, dans le climat tendu de la ségrégation. Pas simple quand le racisme quotidien perturbe les entraînements et les compétitions, quand Jesse Owens se blesse et connaît des relations sentimentales compliquées, et enfin quand la question de participer à une compétition organisée par les nazis divise le pays. Le film met d'ailleurs bien en scène le débat qui anime le Comité olympique américain, déchiré entre les tenants du boycott et ceux qui estiment que la politique n'a rien à faire avec le sport.
A Berlin, le sport règne et Owens fait la différence à quatre reprises. Sous le regard désapprobateur des dignitaires du IIIe Reich et la caméra de Leni Riefenstahl. Le film de propagande nazie contribue à faire voler en éclat le mythe de la race aryenne ! Et puis enfin, retour triomphal aux Etats-Unis où Owens est célébré mais retrouve également les règles scélérates de la ségrégation. Ainsi lors d'un gala donné en son honneur dans un palace le sportif est-il obligé de passer... par l'entrée du personnel.

Réalisé par l'Australien Stephen Hopkins (Predator 2, 24 h Chrono), La Couleur de la victoire évite le manichéisme (tous les Allemands ne sont pas des salauds et tous les Américains ne sont pas des héros) et n'oublie pas de braquer les projecteurs sur les discriminations à l'œuvre de chaque côté de l'Atlantique. Le résultat demeure quand même un peu lisse, comme si l'exploit de Jesse Owens empêchait de creuser les failles des différents protagonistes. Pour autant, j'ai regardé le film avec plaisir. Belle reconstitution, photo soignée. L'émotion est au rendez-vous et les séquences sportives (souvent casse-gueule au cinéma) sont réalisées de manière très dynamique. Les acteurs (Stephan James, Jason Sudeikis, Jeremy Irons, Shanice Banton, Carice van Houten, William Hurt) contribuent à apporter un supplément d'âme à l'ensemble. L'édition, signée France Télévisions Distribution, comprend un bonus intéressant qui revient sur cette coproduction franco-germano-canadienne aux allures hollywoodiennes.
Anderton 
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