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vendredi 14 avril 2017

Cannes 2017 : la Sélection Officielle

Buzz : Thierry Frémaux et Pierre Lescure ont dévoilé jeudi la Sélection de la 70e édition du Festival de Cannes. Compétition plus ouverte, absence des studios américains, renouvellement des cinéastes en compétition, Nicole Kidman superstar – 3 films à elle seule ! – Netflix et la VR pour une touche de modernité, et quelques séries réalisées par des cinéastes estampillés Cannes – Lynch et Jane Campion – voilà pour le menu, qui fait vraiment saliver d’avance. Entrons dans les détails.


Datas, chiffres et modernité

  • Plus de 1900 films visionnés
  • 12 réalisatrices
  • 9 premiers films
  • 29 pays
  • 49 films retenus
  • 18 films en compétition
  • La Bataille du rail à Cannes Classics, sélection présentée dans quelques jours
  • le premier film en VR pour Cannes -  Carne y Arena, de Alejandro Gonzalez Inarritu, avec à la lumière Emmanuel Lubezki, un court métrage de 7 mn
  • les séries TV en force – saison 2 de Top of the lake, de Jane Campion + 2 épisodes de Twin Peaks, de David Lynch 
  • Depardon, Varda, Lanzmann et Vanessa Redgrave pour la partie documentaire en Hors compétition
  • le retour du réalisateur de Shortbus John Cameron Mitchell et de Takeshi Miike
Ouverture, Hors Compèt : Les Fantômes d’Ismaël, d’Arnaud Desplechin
Après le rendez-vous manqué de Trois souvenirs de ma jeunesse, Arnaud Desplechin revient fouler les marches du Palais en ouverture, donc hors compétition, avec son alter ego cinématographique Mathieu Amalric, entouré des nouveaux venus  Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg et Louis Garrel. Belle montée des marches !

Compétition :
 
Loveless, d’Andrey Zviagintsev
Co-produit par les frères Dardenne, le nouvel opus du cinéaste russe se retrouve en pole position pour décrocher – enfin ? - la Palme d'or qui lui manque. Après Leviathan, voici donc le récit de la disparition d’un enfant, alors que les parents sont au bord du divorce. On ne devrait pas trop y rigoler, mais se trouver saisis par la puissance allégorique du cinéaste.
 
L’Amant double, de François Ozon
Très mystérieux et très hot trailer pour le nouveau film de François Ozon, pour la deuxième fois – seulement ! – en compétition, après Jeune et Jolie il y a 4 ans. Deux habitués du cinéaste – Jérémie Rénier et Marina Vacht – et une nouvelle venue, Jacqueline Bisset.


Jupiters’ moon, de Kornel Mandruczo
Kornel Mondruczo ? Vous ne le connaissez pas, Cannes, si : le cinéaste hongrois s’est trouvé deux fois en compétition (deux fois à Un certain regard). Après son formidable White God, le voici sur la Croisette pour la 5e fois avec Jupiter’s Moon,  ou l’histoire d’un jeune réfugié miraculeusement doté du pouvoir de lévitation.
 
Radiance, de Naomi Kawase
Naomi Kawase, encore... No comment.
 
The day after, de Hon Sang Soo
Très peu de choses sur le nouveau film de Hon Sang Soo, alors qu’un autre de ses  films avec Isabelle Huppert est présenté hors compétition, Claire’s camera.  Gageons que cet Eric Rohmer coréen saura attirer tous ses fans.
 
Le Redoutable, de Michel Hazanavicius
Après les triomphes et fiasco cannois de The Artist et The Search, quel sort réservera la Croisette au nouveau film de Michel Hazanavicius ? Sur le papier, tout concourt à lui faire retrouver les faveurs des festivaliers :  un sujet en or – la vie amoureuse de Godard en plein quartier latin en 1968 – et cinéphile qui devrait lui ravir toutes les faveurs. Avec Louis Garrel, Stacy Martin et Bérénice Béjo .
 
Wonderstruck, de Todd Haynes
Après Velvet Goldmine et  Carol, coup de cœur absolu de Cannes 2015 qui avait valu à Rooney Mara un prix d’interprétation, Todd Haynes retrouve son actrice fétiche Julianne Moore et Michelle Williams dans un drame sur deux enfants sourds vivant à différentes époques. A la lumière : le fidèle Ed Lachman. Enfin la Palme ?
 
Rodin, de Jacques Doillon
Que des atouts pour séduire le jury : un acteur particulièrement apprécié par Frémaux, lauréat du prix d’interprétation masculine il y a deux ans ; un sujet patrimonial, mais propice à la fureur du désir et à la peinture des affres de la création ; un réalisateur de nouveau sur le devant de la scène qui avait fait les beaux jours de la Croisette naguère, notamment avec La Pirate en 1985, éclairé alors par un certain Bruno Nuytten, réalisateur d’un certain Camille Claudel en 1988. La boucle est bouclée...
 
120 battements par minute, de Robin Campillo
Eastern Boys et Les Revenants avaient révélé son talent pour les sujets et les traitements hors normes. En effectuant son entrée dans la compétition officielle, Robin Campillo livre une fresque qui s’annonce passionnante : la naissance d’Act Up, co-écrite par de ses animateurs, Philippe Mangeot, et co-produite par Jacques Audiard.
 
A gentle creature, de Sergi Loznitsa
A l’instar de Kornel Mondruczo, l’Ukrainien Sergei Loznista devient un habitué de la Croisette : en compétition pour My Joy et Dans la brume,. le voici de retour pour une adaptation de Dostoïevski.
 
In the fade, de Fatih Akin
Première co-production de Mélita Toscan du Plantier, la dernière compagne du célèbre producteur, In the fade devrait permettre à Fatih Akin de retrouver un mojo qu’il avait perdu avec ses deux derniers films. Présenté comme un thriller et un revenge movie, le film est interprété par Diane Kruger et Ulrich Tukur.
 
Okja, de Bong Joon Ho
Netflix & Cannes, acte 1 : le nouveau Bong Joon-ho (The Host, Le Transperceneige) est co-produit par le géant américain de la SVOD, avec Plan B, la société fondée par Brad Pitt. . Sortie calée au 28 juin sur la plateforme…. Belles joutes en perspective pour l’un des films les plus excitants de la compétition, avec Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal et Paul Dano, et Darius Khondji à la lumière.
 
Good Time, des Safdie Bros
Robert Pattinson en braqueur de banque en fuite, sous la caméra des frères Safdie, leaders du cinéma indépendant new-yorkais. Le pire comme le meilleur ?.
 
Mise à mort du cerf sacré, de Yorgis Lanthimos
Co-production irlando-américaine pour le nouveau film du réalisateur de The Lobster, couronné à Cannes d’un prix du Jury il y a deux ans. Le couple Nicole Kidman-Colin Farrell face à un adolescent de plus en plus menaçant : on peut s’attendre à tout ! Le réalisateur grec confirmera-t-il la réussite de son exil anglo-saxon ?
 
You were never really here, de Lynne Ramsay
La réalisatrice écossaise est une habituée de Cannes : tous ses films y ont été présentés. 6 ans après le terrifiant We need to talk about Kevin , elle rassemble Joaquin Phoenix pour l’histoire d’un Marine qui tente de sauver une jeune fille aux prises avec les réseaux de prostitution. Son ton, son style ne devraient pas laisser indifférents.
 
The Meyerowitz memories, de Noah Baumbach
Cannes et Netflix, acte 2. Le nouveau film de celui qui se pose en héritier de Woody Allen bénéficie de plus sieurs atouts : casting béton – Ben Stiller, Dustin Hoffman, Candice Bergen, Adam Sandler - ; un distributeur qui fait parler de lui, Netflix ; des thématiques familiales douces-amères dans la droite lignée de Woody Allen. Le fou rire de la compétition ?
 
Happy End, de Michael Haneke
La passe de trois pour Haneke  après Le Ruban blanc et Amour ? Le film se passe entièrement à Calais, avec les migrants en toile de fond. Avec un casting impeccable : Isabelle Huppert, Mathieu Kassovitz et Jean-Louis Trintignant. Beau trio pour le film le plus attendu de la compétition.
 
Les Proies, de Sofia Coppola
Western tendance thriller gothique comme le laisse penser le trailer, avec un casting 4 étoiles : Elle Fanning, Kirsten Dunst, Nicole Kidman et Colin Farrell. Pour ce qui n’a rien à voir avec un remake des Proies, selon Thierry Frémaux.

Côté mauvaises surprises, retenons les absences de The Square, de Ruben Ostlund ; Thelma, de Joachim Trier ; Jeanette, de Bruno Dumont ; War Machine, de David Michôd ; Nos années folles, d’André Téchiné ; Le Fidèle, de Michael R. Roskam. A noter également les absences (attendues ou pas) de grosses productions hollywoodiennes : Dunkerque, Detroit, Alien Convenant...

Travis Bickle
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