Dossier

samedi 22 juillet 2017

James Bond : lire et laisser mûrir

A lire : Tout a été dit sur James Bond. Pensez-vous, plus de 50 ans après sa création, 007 a été (sur-)analysé, psychanalysé même. Pas un de ses gestes ou de ses propos qui n'ait fait l'objet d'une demi-douzaine d'études, des plus sérieuses aux plus farfelues. Idem pour ses conquètes, ses ennemis, ses gadgets ou ses voitures. Pourtant, cela n'a pas refroidi le journaliste Frédéric Albert Lévy qui signe chez Hors Collection un ouvrage intitulé L'espion qu'on aimait. Et, belle surprise, le cofondateur de Starfix parvient à apporter un éclairage original sur la créature de Ian Fleming.



Après une présentation de trois figures clés (Ian Fleming, Sean Connery et Roger Moore), le livre aborde "quelques leimotive bondiens". A savoir, les méchants, les gadgets, les girls, la musique mais aussi l'humour, le temps et l'espace, la culture... Puis il revient sur une sélection de films de la série, y compris certaines des pires apparitions de l'agent secret.

D'emblée, FAL explique qu'il écarte les évidences, refuse les énumérations et se détourne des pistes déjà empruntées par d'autres. Il trace son chemin, mettant à profit sa grande connaissance de l'oeuvre de Fleming. Pour appuyer ses analyses, il en appelle aussi bien à Freud et Umberto Eco qu'à Homère. Et ponctue ses propos d'anecdotes de tournage, d'aller-retours entre les livres et leurs adaptations. Il donne également la parole à ceux qui ont donné vie à James Bond - le producteur Albert C. Broccoli et les  réalisateurs Terrence Young, Lewis Gilbert, John Glen et Irvin Kershner - mais aussi à des cinéastes français, amateurs ou pas de 007 : Patrice Leconte, Xavier Gens, Philippe Labro ou Christophe Gans. Autant de talents que Frédéric Albert Lévy a eu l'occasion d'interviewer au cours de sa carrière. A l'instar de Michael Lonsdale, qui revient sur le tournage de Moonraker dans la préface. L'auteur pousse même l'originalité à interroger un enfant devenu fan de James Bond !

Outre cette approche atypique, foisonnante, ce qui m'a plu, c'est le ton de l'ouvrage. Enlevé, vivant. Rien à voir avec une approche universitaire. FAL décrypte une oeuvre qu'il respecte, mais sans passer sous silence ses ambiguïtés ou ses ratages. L'espion qu'on aimait est le compagnon idéal d'une journée passée à GoldenEye, l'ancienne propriété jamaïcaine de Ian Fleming transformée en luxueux hôtel par Chris Blackwell, le producteur de Bob Marley (lire notre article Bond, James Bond, man !). Mais on peut aussi le lire au camping de St-Jean-de-Monts ou face au lac d'Annecy. Car ce livre est bon, vraiment bon.

Anderton


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