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mercredi 5 juillet 2017

Japan Expo fête les 100 ans de l’animation japonaise

Buzz : Découvrez le premier long métrage d’animation japonaise, Momotaro le divin soldat de la mer et plein d’autres surprises, à l’occasion de la 18e édition de Japan Expo, dès ce jeudi, à Villepinte.



 "A, I, U, E, O !, KA, KI, KU, KE, KO !"... Les crocodiles, les écureuils, les singes, les lapins, les éléphants... tous les animaux du village récitent joyeusement leur syllabaire katakana, en chanson, sur les bancs de l’école.
"SA, SHI, SU, SE, SO !", reprennent, de gai concert, les cuisiniers en épluchant leurs légumes et les ménagères, en train de faire sécher leur linge, en bord de rivière.
"TA, CHI, TSU, TE, TO !", se joignent à eux les chœurs vibrants des jeunes soldats qui nettoient leur fusil ou chargent leurs mitraillettes.

Dans ce village idyllique, au dessus des champs fleuris, noyés de soleil, les aigrettes des pissenlits se mêlent au vol des hirondelles. Dans ce coin de paradis du Japon éternel, la dérive des aigrettes au vent évoque un flot de parachutes, et les hirondelles, une nuée d’avions de chasse. Dans ce premier long métrage d’animation produit au pays du soleil levant, en 1944, tous participent à l’effort de guerre collectif, dans la liesse et la ferveur, film de propagande oblige. 



Propagande croquignolette

Un bijou que ce Momotaro le divin soldat de la mer, rare et précieux. Produit avec le soutien du ministère de la Marine nipponne pendant la seconde guerre mondiale, avec un budget conséquent pour l’époque, ce film adapté d’un classique du folklore japonais, La légende de Momotaro, avait disparu pendant plus de 40 ans. Les copies 35 mm de cette histoire célébrant la lutte des soldats japonais contre les alliés, pendant la guerre du Pacifique, furent brûlées pendant l’occupation et, depuis lors, considérées comme disparues. Jusqu’à ce qu‘une copie soit retrouvée dans les entrepôts de la société de production cinématographique Shochiku, en 1982.

Ce témoignage historique d’importance, mixant, de manière insolite et intrigante, narration emphatique et animation toute en kawaiierie, Japan Expo vous invite à le découvrir, cette semaine, lors de la 18 édition du salon des loisirs japonais, à Villepinte. Une édition d’exception qui fête les 100 ans de l’animation nipponne avec une ribambelle de surprises.

Goldorak, go !

Des films, d’abord, tels que le poétique moyen métrage La sirène et les bougies rouges de Shichiro Kobayashi (directeur artistique, entre autres, de Le Château de Cagliostro, Cobra, Le collège fou, fou, fou) ou encore l’épisode de la série animée Lupin III – Adieu, très cher Lupin, signé en 1980 du célèbre réalisateur Hayao Miyazaki, mettant en scène un somptueux robot, prélude à celui du Studio Ghibli, dans Laputa : Le Château dans le ciel (1986).

Et puis, outre ces projections inédites, des invités, une exposition, des conférences, du cosplay... autant d’occasions de rendre hommage au cinéma d’animation japonais, dont la France demeure si friande depuis les années 70 (merci Goldorak !). Le film Your Name, pour ne citer que cet exemple récent, fin 2016, a récolté pas moins de 250 000 entrées en France.





* Le salon Japan Expo se déroule du 6 au 9 juillet, au Parc des expositions Paris-Nord Villepinte. 


* Le film Momotaro, le divin soldat de la mer sort également en DVD et Blu-ray, le 30 août prochain, chez la maison d’édition @Anime. Version japonaise sous-titrée français. Durée : 74 minutes. Bonus : court métrage Spider and Tulip.

* Pour en savoir plus sur le label @Anime, lisez l’interview de son fondateur, Cédric Littardi, en 2014, sur Cineblogywood.

* Le premier film de l’histoire de l’animation japonaise est un court métrage de 4 minutes, L’épée émoussée, sorti en 1917. Sa version restaurée est visible sur le site des archives de l’animation japonaise.


Rachael
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